Emilie Carré, formatrice et animatrice en cuisine végétale crue

Portrait d'Emilie Carré

Je suis aujourd’hui dans une reconversion professionnelle totale, pour être en alignement avec ce que je suis en tant que femme et en tant que personne. C’était une priorité pour moi

Interview

Bonjour Emilie. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je suis Emilie Carré, je vis à Surzur, près de Vannes. Je vais quitter mon travail en tant que salariée à la fin de la semaine prochaine : abandon de poste, pour me consacrer pleinement à mon activité.

A la base, je suis chargée de clientèle particuliers, employée de banque, depuis une douzaine d’années. J’ai toujours su que je n’étais pas faite pour cela. C’est malheureux, mais c’est la vérité. J’ai fait un IUP (Institut Universitaire Professionnalisé) de gestion à Vannes, j’ai un Bac+ 5 en développement commercial des PME (Petites et Moyennes Entreprises) et PMI (Petites et Moyennes Industries). Je n’ai jamais su jusqu’à maintenant ce à quoi je me destinais. Avec du recul, je pense que je n’écoutais pas réellement mes aspirations. Je suis partie en milieu bancaire par facilité et pour m’assurer un confort de vie correct par rapport aux revenus.

Je suis aujourd’hui dans une reconversion professionnelle totale, pour être en alignement avec ce que je suis en tant que femme et en tant que personne. C’était une priorité pour moi. Je veux devenir formatrice et animatrice dans la cuisine végétale crue et en cuisine thérapie©.

Dans ton parcours, à quel moment t’est venue l’envie d’entreprendre ?

En fait, j’ai appris à me connaître depuis 2 ans et il y a beaucoup de choses que j’ai découvert personnellement. Et de là découle l’activité professionnelle que je veux faire.

Tout ça est un long parcours qui a commencé depuis longtemps. A la base, je suis une personne qui avait des problèmes de poids. Toute ma vie, j’ai été au régime. Mon alimentation a été beaucoup adaptée en fonction de ça, et aussi de problèmes de santé, parce que j’ai une colopathie fonctionnelle (« syndrome du côlon irritable »). J’ai adopté au début un régime végétarien, et j’ai commencé à m’intéresser à tout ce qui était cuisine et santé pour me diriger vers un régime végétalien. La finalité était mon bien-être, ce qui me fait du bien. Et aujourd’hui, je veux que ça impacte le monde et toutes les personnes autour de moi.

En fin d’année dernière, j’ai décidé d’entreprendre une démarche au niveau de ma réorientation professionnelle et de me poser les bonnes questions.

Quel a été ton déclic ?

Je sais depuis longtemps que je voulais me reconvertir. Mais le tout premier déclic, la première prise de conscience profonde était il y a 1 an, au début du confinement. Je me suis dit :

Tu n’es pas sur la bonne voie, tu n’es pas suffisamment épanouie, tu ne t’aimes pas suffisamment. Arrête.

Je suis beaucoup dans l’action. A partir du moment où l’idée a germé, il faut mettre les choses en action. Cela concrétise les prises de décisions, les rend réelles. J’ai commencé à faire des recherches et à prendre des décisions au fur et à mesure, petit à petit, pour construire mon projet.

La première action que j’ai faite : me renseigner, regarder sur Internet, m’intéresser à divers sujets pour avancer et imaginer si cela pouvait me correspondre à plusieurs niveaux (personnellement, éthiquement, au niveau familial…), échanger avec d’autres personnes.

Qu’est-ce qui t’a permis de te lancer ?

C’est moi-même ! Ce sont toutes les petites avancées, les petites actions posées au fur et à mesure qui m’ont complètement libérée. Et le coaching.

Au début, je voulais faire un bilan de compétences. J’ai rencontré plusieurs interlocuteurs professionnels de ce milieu en visioconférence, mais je me suis rendue compte que j’avais été trop loin dans ma démarche personnelle pour que le bilan de compétences me soit profitable. Je voulais quelqu’un qui m’accompagne pour me mettre sur mon chemin. Parce que, pour moi, cette démarche est indissociable de mon développement personnel.

J’avais décelé des failles en moi à travailler pour commencer mon activité, pour la mettre en œuvre de façon sereine et fluide. Des dysfonctionnements, des fragilités, des points d’amélioration… Je voulais des réponses à mes questions. Je souhaitais en apprendre davantage sur moi, pour en déduire ce qui me correspond le mieux, maximiser les chances de ne pas me tromper concernant mes choix. Entreprendre un projet qui soit en corrélation avec moi-même. Parmi les personnes avec qui j’ai été en contact pour le bilan de compétences, l’une était coach et m’a orientée plutôt vers un coaching. On est parties sur 8 à 10 séances, rythmées tous les 15 jours. C’est encore en cours.

Nous avons particulièrement travaillé sur les croyances limitantes, la confiance et l’estime de soi, comment se positionner par rapport à son environnement. Nous avons pratiqué la sophrologie, travaillé sur la communication assertive et non violente.

Le coaching que je vis avec elle, il est génial ! Ça m’a révélée, énormément aidée à conscientiser. C’est un cadeau que je me suis fait et qu’elle me fait. J’avais des gros problèmes de confiance en moi. Aujourd’hui, vis-à-vis de mon projet, je n’ai aucun doute. Parfois, il m’arrive de me sentir abattue ; seulement je réalise qu’il ne s’agit que d’un passage et ça ne remet aucunement en doute mon projet et son aboutissement. Je suis convaincue que ce sera un succès parce que je me donne tous les moyens pour y parvenir. J’ai compris que je suis ma propre ressource. En mon for intérieur, j’ai la certitude d’être sur la bonne voie, bien, et en respect avec moi-même. Elle a mis des outils à ma disposition qui m’ont permis de mettre en lumière les croyances limitantes que j’avais… Quand je les ai couchées sur le papier, j’ai pensé :

C’est aberrant de penser ça de soi !

Quels sont les principaux obstacles que tu as rencontrés dans la création de ton projet ?

J’ai réussi à nettoyer pas mal de blocages, de croyances limitantes. C’est un travail perpétuel, de tous les jours. Maintenant, les automatismes mis en place feront le reste et m’aideront à m’améliorer et avancer au quotidien.

Un des premiers freins, c’est l’argent, c’est une évidence, quelque chose de très présent, notamment chez les femmes. Il faut prendre son courage à deux mains pour se lancer et se dire qu’on aura toujours l’occasion de rebondir. Je me suis dit aussi :

C’est maintenant ou jamais

Je n’en suis pas encore à l’établissement de mon budget, mais ce sera vraisemblablement panaché entre l’aide de Pôle Emploi, l’épargne personnelle, les aides de la Région, les prêts d’honneurs et le financement bancaire.

Et aujourd’hui, où en es-tu de ton projet ?

Actuellement, je fais 2 formations en cuisine végétale crue et un coaching. Et j’ai fait une demande pour une formation Émergence, à partir du 20 mai, avec le réseau EAFB (https://eafb.fr). J’ai déposé mon dossier la semaine dernière. J’attends la réponse, je croise les doigts.

Je suis arrivée à un niveau de saturation par rapport à mon emploi salarié. Mon cœur, mon âme et ma tête sont ailleurs. Je ne peux pas gérer les 2 en même temps, ce n’est plus possible. J’arrête donc de travailler pour me consacrer totalement à ma nouvelle activité : faire les bons choix de communication, de marketing digital, de site Web… pour me questionner de la façon le plus sereine possible. Et aussi pour ne pas commencer mon activité sur les rotules. J’aurais dû arrêter de travailler il y a déjà 2 ou 3 semaines, ça ne sert à rien d’aller au burn-out… Je suis fatiguée, j’avoue. Et je veux pouvoir donner et impacter les autres de façon positive.

3 conseils à celles qui ont envie de se lancer ?

  1. Faire son Ikigaï. C’est un outil japonais qui existe depuis la nuit des temps, et que tous les Japonais en âge de vouloir savoir quelle est leur voie pratiquent. C’est sous forme d’une rosace qui met en corrélation tout ce que vous êtes. Avec plusieurs paramètres très intéressants et percutants qui vous permettent de déterminer votre mission de vie. Ça peut être rempli en 2 heures, 1 journée, 6 mois, 1 an… en fonction de la démarche de la personne qui le fait et de l’avancement du développement personnel de chacun.
  2. Avoir des périodes de latence. J’ai compris que quand je suis dans le doute, quand la situation me parait stérile, il faut arrêter de cogiter, laisser reposer et y revenir ensuite. Ça travaille tout seul. Là, c’est utile et efficace. Il faut arrêter de considérer la question : si tu n’as pas de réponse aujourd’hui, c’est que ce n’est pas le bon timing avec toi-même. Considérer certaines choses en amont, trop tôt, ça n’a pas d’intérêt. Les réponses, elles arrivent toutes seules. Et les interactions avec les autres sont primordiales pour ça.
  3. Changer sa vision du monde. Souvent, on écoute trop notre petite voix intérieure qui cogite à fond les ballons et qui, à cause de mauvaises expériences, fait des interprétations sans cesse négatives des autres, des situations. Tout est une question de vision. Il faut changer sa vision du monde pour s’ouvrir.

Pour finir, as-tu un bon plan à partager ?

Travailler sur soi. Je crois que c’est la première chose, en fait. Plus tu te donnes à toi et tu donnes aux autres, plus le reste arrive. Moi, c’est ce que j’expérimente maintenant tous les jours, et ça fonctionne.

A propos de l’auteur

Pauline Kertudo, coach certifiée & sociologue praticienne au service des femmes et des projets d’innovation sociale.

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