ScribAnne, un oeil aiguisé et la discipline positive au service de textes de qualité

J’ai envie de casser cette idée reçue que les correcteurs sont des gens pas cool qui te mettent des coups de règle sur les doigts !

Anne, 35 ans, vit à Chauvigny dans la Vienne. Correctrice professionnelle indépendante, elle travaille pour les professionnels de l’édition, de la presse écrite, les structures publiques et les particuliers.
A son actif : 10 ans d’expérience dans la correction et le secrétariat de rédaction, ainsi que le niveau « expert » du certificat Voltaire. Un niveau garantissant une excellence en orthographe pour les métiers des lettres, de la correction et de la réécriture.

Curieuse et rigoureuse, Anne a le sens du détail. Elle adore traquer la faute ou l’incohérence. Depuis un an, portée par la Coopérative d’Activité et d’Emploi Aceascop de Châtellerault et de Poitiers, elle a monté son entreprise : ScribAnne. Une identité qui lui tient à coeur, résultant d’un joyeux mélange entre le mot ‘scriban’ (meuble sur lequel les scribes préparaient les copies) et ‘Anne’, son prénom.
Le service qu’elle propose va bien au-delà de la relecture et de la correction orthographique. En effet, Anne offre un accompagnement complet permettant à ses client(e)s de : leur faire gagner du temps, les sécuriser, valoriser leurs écrits. Toujours dans la bienveillance et le respect de leur style.
Le petit plus qui fait sa différence ? Sa bonne humeur et ses connaissances en discipline positive, une pédagogie par l’encouragement et l’écoute active à laquelle elle s’est initialement formée pour ses enfants.

Interview

Est-ce que tu peux m’en dire plus sur cet accompagnement personnalisé qui est ta marque de fabrique ?

D’abord, il faut préciser que mon métier englobe à la fois une correction sur le fond (information, cohérence, crédibilité du message) et sur la forme (orthographe et mise en page). C’est vraiment cette concordance des deux aspects qui est intéressante.

Mon accompagnement, je le souhaite personnalisé parce que chaque client(e) a des attentes et des besoins différents. Lorsqu’un(e) client(e) me contacte, on discute ensemble de ce qu’il/elle souhaite faire sur son texte : une préparation de copie sur Word ? Plutôt un accompagnement global sur l’harmonisation de la maquette ? Les deux ? Tout est possible.

De la phase Word jusqu’au bon à tirer imprimeur (dernier regard avant impression et donc publication), je suis là pour accompagner mes client(e)s dans la production d’un texte de qualité et crédible. Avec, bien sûr, le respect du texte d’origine.

J’ai envie de casser cette idée reçue que les correcteurs sont des gens pas cool qui te mettent des coups de règle sur les doigts ! Des gens qu’on n’a pas envie d’aller voir. C’est un métier qui reste méconnu. Même dans Le Robert, la première définition attribuée au mot « correcteur », c’est : « personne qui corrige en relevant les fautes et en les notant ». Dans l’esprit collectif, le mot « corriger » et le principe de la « note » font malheureusement souvent écho à de mauvais souvenirs de cours de français.

Et justement, toi, tu as envie de véhiculer quelles représentations ?

J’aimerais véhiculer l’image d’un correcteur attentif et respectueux, qui est là pour accompagner sans jugement l’auteur ou l’éditeur. Qu’on puisse aboutir à une œuvre de qualité en ayant fait ça en équipe.

Partout où il y a du texte, il devrait y avoir des correcteurs. Personne n’est à l’abri d’une faute. Quand un auteur a le nez dans le guidon, que le texte semble simple ou plus complexe, il reste toujours quelque chose !

Le texte peut être écrit par un professionnel de l’édition, de la presse écrite ou de la communication. Mais il y a aussi les particuliers qu’il ne faut pas oublier. Ils sont de plus en plus nombreux à s’auto-éditer ou à envoyer leur œuvre aux maisons d’édition. Il y a aussi les classiques mémoires, rapports de stage, CV ou lettres de motivation.

Je veux redorer l’image du correcteur, et de l’orthographe considérée comme une plaie. Certaines personnes ont honte de leurs difficultés, se cachent dans les entreprises et évitent d’envoyer des mails. Elles se disent souvent : « C’est bon, je n’ai pas besoin de me rajouter une couche avec quelqu’un qui va me dire que je me suis trompé(e) ou que c’est mal écrit. » Ça tombe bien, ce n’est pas ce que nous faisons ! Nous sommes là pour les aider, avec notre expertise métier. Tout comme il y a des maçons ou des cuisiniers.

Quelle est l’image qui te vient spontanément quand tu penses à ton métier ?

La fleur de lotus, qui constitue d’ailleurs mon logo. Elle fait écho au fait que le métier de correcteur est très large, avec de multiples facettes. On passe sur différentes phases du texte, on s’occupe tant du fond que de la forme. Et on peut à la fois se destiner à la presse écrite, à la communication, aux entreprises ou aux particuliers. Le lotus montre cette multiplicité des manières de travailler, des supports, des textes.

Et c’est aussi l’un des symboles du yoga. Depuis 10 ans, je pratique le hatha yoga, qui allie postures et respirations. Un type de yoga que je peux faire où je veux et aussi adapter à mes enfants. Le yoga m’a appris qu’un correcteur doit être bienveillant avec lui-même. Quand tu ne peux plus relire, tu t’arrêtes.

J’ai fait le choix de la couleur bleue pour cette fleur de lotus, au lieu du rose habituel. Une couleur apaisante rappelant l’eau, symbole de vie.

Et si ton métier était un animal ?

Un seul j’aurais du mal à choisir, mais je dirais deux. D’abord l’aigle, parce qu’il faut avoir un regard assez perçant et pointilleux pour repérer toutes les coquilles et les incohérences. Et également le chat, dans le sens où il faut avoir une tranquillité d’esprit et cultiver l’éloge de la lenteur. Et puis aussi cette nécessité que j’ai de travailler dans le silence pour pouvoir apporter de la qualité au texte, tout en étant respectueuse et diplomate avec l’autre.

Moi, ça me caractérise en tout cas. C’est un mélange entre l’aspect sauvage et doux, enveloppant. Il faut vraiment que le ou la client(e) puisse être confiant(e) et serein(e). Quand même… il/elle nous partage son texte, son bébé. Mes anciens collaborateurs me disent que je suis justement cette personne vive et calme à la fois, sur laquelle on peut compter.

Qu’est-ce qui t’anime au quotidien dans ce travail avec tes client(e)s ?

De pouvoir être le premier lecteur. On a un rôle super privilégié. Et je trouve que c’est très gratifiant d’avoir accès secrètement et en coulisses à ces textes qui méritent vraiment d’être lus plus tard.

Moi c’est ça qui m’anime. Cette confiance qu’on m’apporte et cette expertise que je peux redonner en retour. Et puis, bien évidemment, le lien qui se crée sur la base de cette confiance, durant toute la mission.

Tu es passionnée par le développement personnel, et en particulier la discipline positive. Depuis 2 ans, tu t’y formes pour tes enfants. Au fil du temps, tu l’as également intégrée dans ton métier. Peux-tu m’en dire plus ?

La discipline positive est une approche de l’éducation basée sur la philosophie d’Alfred Adler. Elle consiste à éduquer avec bienveillance et fermeté. Ce n’est ni du laxisme ni de l’autoritarisme, mais un juste milieu entre les deux ! Et ça rejoint l’idée d’un état de démocratie où tu apportes de l’ordre, un cadre et en même temps de la liberté et de l’autonomie.

C’est une idée qui m’a beaucoup parlé, à titre professionnel. Chaque être humain mérite respect et dignité. On est tous là pour travailler ensemble, trouver des solutions. On peut tous avoir nos humeurs, nos émotions du moment, des interprétations de langage, etc. C’est important d’apprendre à développer des compétences et une relation de confiance et de respect mutuel entre les personnes. Cela passe par beaucoup d’écoute active : on écoute ce que la personne en face dit, sans penser à ce qu’on doit faire plus tard ou à on ce qu’on a oublié de faire avant.

En tant que membre de l’Association des correcteurs de langue française, j’ai signé un code de déontologie dont 3 points rejoignent en quelque sorte les notions de la discipline positive :

  • le correcteur fait preuve de bienveillance et de courtoisie vis-à-vis de l’auteur des écrits sur lesquels il intervient ;
  • il veille à travailler en bonne intelligence et s’accorde avec lui pour mettre en œuvre les moyens qui lui permettront de s’acquitter de sa tâche dans les meilleures conditions ;
  • il veille à faire reconnaître la valeur de son travail.

Et tu envisages de faire la passerelle entre ton métier et la discipline positive, par exemple via des collaborations avec des maisons d’édition jeunesse ?

Oui, j’ai déjà travaillé avec une maison d’édition jeunesse parisienne, Auzou. C’était très intéressant. C’est un livre audio (une histoire + un CD) qui évoque une petite fille apeurée par une sorcière, un monstre et une souris dans sa chambre. Elle fait la rencontre d’un veilleur de nuit, qui lui explique que ces trois personnages sont là pour apaiser ses nuits et lui éviter de faire des cauchemars. Elle les pensait contre elle, mais ils sont là pour elle. Derrière les apparences, chacun a quelque chose de fabuleux à donner, tant qu’on prend le temps d’écouter. C’est magnifique et les dessins sont superbes !

Par le livre, tu fais passer un tas de messages aux enfants, notamment dans les domaines du développement personnel, du respect de la nature et de l’Autre, et de l’usage de notre langue. Certaines maisons d’édition l’ont bien compris. Et outre les très connues comme Hachette, Fleurus, Milan, Nathan ou Bayard, tu as de chouettes pépites : La Cabane Bleue, Six Citrons Acides et certains titres d’Albin Michel Jeunesse que j’adore !

Il y a aussi de très chouettes supports pour les adultes sur la discipline positive aux éditions Mango, Les Arènes, Guy Trédaniel ou Jouvence.

Tu fais partie d’une coopérative. Comment la façon de fonctionner en coopérative fait écho à la manière dont tu travailles avec tes client(e)s ?

La coopérative, c’est tout un groupe d’expertises, de savoir-faire, de savoir-être. Et de valeurs aussi. On est tous ensemble à porter nos projets de façon indépendante, mais pour une même coopérative. Et c’est vrai qu’on a à coeur de proposer à nos client(e)s cette notion de bienveillance, de proximité, et de relation de confiance. Pour moi c’est essentiel de faire partie de cette structure qui nous porte de façon crédible. La coopération, la responsabilité sociale, la vie en communauté, le principe d’égalité : tout ceci fait écho également à la discipline positive.

Et il y a également cet aspect local qui te tient à cœur et que tu souhaites développer au niveau de ton entreprise ?

C’est vrai que la correction est un métier très chouette parce qu’on peut travailler avec des gens partout, en France comme à l’autre bout du monde. Ça, ça me tient à coeur. Mais faire partie de cette coopérative en Nouvelle-Aquitaine me permet aussi de créer des liens de proximité avec des client(e)s proches de moi géographiquement. Ça ajoute en plus cette notion de liens forts : on peut se rencontrer en vrai, pouvoir échanger plus facilement.

Je travaille déjà actuellement avec quelques client(e)s du secteur de Poitiers et de Châtellerault. J’aimerais beaucoup développer cela pour la suite.

Comment prendre contact avec toi si l’on a besoin de tes services ?

On peut d’abord aller visiter mon site : www.scribanne.fr.

On peut également me contacter par mail : anne@scribanne.fr ou par téléphone au 06 20 40 91 46.

Les conseils d’Anne à celles qui veulent intégrer la discipline positive dans leur activité entrepreneuriale

  1. Savoir poser des limites par rapport à tes client(es) et à toi-même, pour ne pas négliger tes propres besoins. Une phrase qui m’a marquée dans le cycle de formation à la discipline positive, c’est : ‘Les enfants font mieux quand ils se sentent mieux’. Mais en fait, les adultes aussi !
  2. Ne pas hésiter, même si on est dans un monde d’adultes et une relation professionnelle, à dire ce qu’on ressent : si quelque chose ne va pas, si on a besoin d’avoir un peu plus de temps. Privilégier la communication à fond et ne pas attendre que les personnes interprètent les choses.
  3. Toujours garder en tête d’avoir le courage d’être imparfaite ! C’est ce que je répète aux personnes qui font appel à moi : ‘Il n’y aura jamais 100% de fautes corrigées, il y en aura toujours un petit pourcentage laissé. Parce qu’on est humain !’. Quand on travaille ou quand on est à la maison, l’erreur est une opportunité d’apprendre avec quelqu’un. Pas quelque chose dont on doit se sentir coupable. Ce n’est pas le résultat qui compte mais le chemin parcouru : l’énergie, le parcours, les rencontres que tu fais.

A propos de l’auteur

Pauline Kertudo, coach certifiée & sociologue praticienne au service des femmes et des projets d’innovation sociale.

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